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GORO NICKEL - Lettre d'Information n° 5 - Novembre 2007


La production des plantes du maquis minier


Cette lettre d'information a pour but d'expliquer en quoi consistent les objectifs de Goro Nickel relativement à la protection des écosystèmes terrestres dans la zone d'impact du projet.

SOMMAIRE

 

EN BREF

En matière de réhabilitation végétale, la démarche générale adoptée par Goro Nickel est :




Goro nickel à travers sa pépinière expérimentale qui existe depuis plus de 10 ans a su parfaire ses techniques de germination pour atteindre un nouvel objectif de 1 million de plants/an dans une nouvelle pépinière. Cette pépinière deviendra une station de recherche. Depuis plus de 10 ans, un programme de suivi environnemental des espèces en forêt existe à travers l'élaboration de parcelles.

C'est aujourd'hui 186 espèces différentes que Goro Nickel a réussi à faire germer.

La démarche générale adoptée est la suivante :

Tout d’abord, éviter, minimiser et réduire l’impact :
On s’installe là où les formations végétales sont les moins rares ou fragiles. On essaie de toucher le moins possible ces formations. On se fixe des normes environnementales (pour la qualité de l’air par exemple).

Ensuite, réhabiliter les sites impactés :
C’est le rôle de la revégétalisation assurée par la pépinière de Goro Nickel qui viendra réhabiliter les espaces défrichés par la construction d’abord, puis la Kwé Ouest (zone de stockage des résidus) ainsi que la mine.

Enfin compenser, avec notamment un travail important sur la sauvegarde des formations fragiles (forêt, maquis rivulaire), la production des espèces rares ainsi que leur utilisation dans des opérations d’enrichissement de leur population. Un réétablissement des couloirs forestiers dégradés est également programmé.

De même, il est essentiel de contrôler la santé des écosystèmes se trouvant à proximité du complexe industriel.

Goro Nickel fait de la réhabilitation végétale (ou revégétalisation), pas du reboisement.
La revégétalisation a pour objectif de reconstituer une végétation autosuffisante semblable à celle d’origine. Le reboisement peut se contenter d’une seule espèce, pas forcément endémique.

1 - Historique de la pépinière

De son objectif de recherche expérimentale jusqu’à aujourd’hui.

La pépinière expérimentale de Goro Nickel étudie le maquis minier du Sud depuis 1996. Son objectif jusqu’à aujourd’hui n’était pas de replanter de grandes zones dégradées, mais d’inventorier les espèces et de les produire et de les faire pousser sur différentes conditions minières.
La plus grande pépinière de Nouvelle-Calédonie est actuellement en construction pour répondre aux besoins futurs de Goro Nickel.
Les résultats, après 10 années de recherches sur les espèces endémiques et la gestion de l’environnement végétal, sont nombreux :

Des inventaires floristiques, en partenariat avec l’IRD, de toutes les zones sous l’emprise (ou le voisinage de l’emprise) du projet ont été réalisés.

Depuis 1998, plus de 73 000 plants ont été produits et plantés manuellement (un par un, sur topsoil ou sur latérites + copeaux de bois). La toile de jute biodégradable est utilisée sur pente comme matière anti-érosion.


Pépinière expérimentale

2 - Equipe de la pépinière

Des hommes et des femmes passionnés par leur métier.
La pépinière de Goro Nickel, c’est une équipe d’une dizaine de personnes composée de plusieurs botanistes, ouvriers et techniciens, tous formés depuis de nombreuses années. L’équipe devrait doubler d’ici fin 2008. Elle est menée par un docteur en botanique qui a passé sa thèse sur les plantes du massif du sud, en partenariat avec l’IRD ; il a été recruté dès le début du projet.

La récolte des graines est effectuée en partenariat avec la population locale. 18 personnes de la commune de Yaté ont été formées à l’identification des espèces pionnières et leur récolte. Une entreprise s’est même développée autour de ces activités saisonnières et s’occupe de la récolte des graines.


3 - La nouvelle pépinière en construction

Objectif : 1 million de plants par an.
Une nouvelle pépinière industrielle de grande capacité est en cours de construction actuellement sur la Plaine des Lacs.
Elle sera en fonctionnement dès 2008.
La nouvelle pépinière aura une capacité de reboisement bien supérieure aux besoins de Goro Nickel. Sur le million de plants produits, environ 700 000 seront consacrés à la réhabilitation de zones hors du projet. Le plan de revégétalisation de Goro nickel prévoit ainsi la réhabilitation des zones dégradées du Grand Sud (anciennes mines, feux, etc.) et la création de sanctuaires végétaux contenant des plantes rares. Ce travail sera effectué en collaboration avec les populations.
La pépinière expérimentale a une capacité actuelle de stockage de 45 000 plantules. Notre objectif est de produire à terme 1 million de plantules par an dans cette nouvelle pépinière.
La capacité de stockage fin 2008 sera équivalente à 500 000 plants. Le million de plants sera atteint grâce au partenariat en cours de finalisation avec les pépinières qui seront développées à Yaté.


La pépinière, une future station de recherche appliquée…

La nouvelle pépinière va aussi répondre à des besoins en recherches scientifiques importants dans le domaine des techniques de germination et de croissance sur différents substrats, notamment les résidus, ainsi que des études sur l’utilisation de mycorhizes (champignons) pour améliorer les conditions de croissance.

La nouvelle pépinière sera un lieu où étudiants, stagiaires, scientifiques et specialistes de Goro Nickel et du monde entier pourront partager leurs connaissances et leur savoir-faire dans une structure offrant tous les avantages bureautiques, informatiques, directement sur le terrain. Elle permettra ainsi d’allier la pratique à la théorie.


Nouvelle pépinière en construction

 

4 - Les espèces dans l’emprise du projet

Les différents écosystèmes, ceux qui vont être impactés et ceux qui ne le seront pas.
L’équipe de la pépinière a inventorié environ 250 hectares depuis 1996 pour compléter ou approfondir les travaux de l’IRD (Institut de Recherche et Développement) et a réussi à localiser 30 espèces rares sous l’emprise du projet. Ces espèces ainsi que les nombreuses formations fragiles telles que les forêts humides et les maquis rivulaires, dans les bassins de la Kwé et de la Wadjana, ont fait l’objet d’un plan de sauvegarde. Plusieurs types d’écosystèmes ont été ainsi inventoriés :

Plus de 800 espèces ont été comptabilisées sur ces formations. Parmi elles, on trouve :


 

Les différents écosystèmes :

Pas d'impact

Impact minimisé

Impact

Forêt humide

Maquis rivulaire

Maquis arbustif sur cuirasse

Maquis para forestier

Maquis dense

5 - C’est quoi la revégétalisation ?

C’est produire au plus proche les écosystèmes impactés par l’activité industrielle.
Toutes les espèces retenues sont du Sud, nous nous interdisons l’introduction de plantes exogènes et de substrats exogènes.

Le programme de revégétalisation consiste à :
• Gérer la biomasse végétale de la mine en vue de sa réutilisation dans les opérations de revégétalisation.
• Etudier les techniques de récolte, germination et croissance des plantes du maquis minier du plateau de Goro dans la perspective de les utiliser dans la revégétalisation de la mine future.
• Décrire la flore ainsi qu’établir des plans de sauvegarde des habitats fragiles et des espèces rares.

Des études de plantes en pots ont été aussi menées à la pépinière afin de recueillir des connaissances sur leur croissance dans les résidus industriels issus de l’usine pilote et le potentiel des boues de la station d’épuration en tant qu’engrais biologiques.

Différentes priorités :
• Les espèces pionnières (une quarantaine) : elles doivent s’installer avant les autres, car elles favorisent l’apparition et la protection des espèces dites secondaires.
• Les espèces secondaires de maquis.
• Les espèces pionnières des forêts.
• Les espèces rares.


Pour la gestion de la biomasse végétale, l’équipe de la Mine récupére tous les végétaux ainsi que la terre végétale. Les copeaux produits à partir de la végétation de l’exercice minier ont déjà été utilisés sur des opérations de revégétalisation.

L’objectif à venir pour l’équipe de la pépinière peut se résumer en 4 points :

1 • Développement (à l’échelle de la pépinière industrielle) de technologies pour augmenter le taux de germination et le nombre d’espèces produites.
2 • Tester ces espèces dans différents milieux, comme par exemple sur les résidus proches de l’usine pilote.
3 • Assurer une production de plants constante afin de fournir le projet et les autres opérations à venir (mines orphelines, zones brûlées…).
4 • Etablir des couloirs forestiers entre les ilots de forêts isolés (projet à moyen et long terme).



Revégétalisation du grand sud

6 - Bilan de production

L’équipe de Goro Nickel a réussi à faire germer jusqu’à aujourd’hui 186 espèces se trouvant sous l’emprise du projet et à créer une structure de production végétale pouvant accueillir 45 000 plantes par an.
Les nouveaux équipements de la pépinière vont permettre de compléter ces résultats et de faire germer les environ 200 autres espèces du maquis minier, qui n’étaient pas prioritaires (espèces communes) ou se produisant difficilement.

Le taux de germination est très variable, il peut aller de 1 à 90 % selon les espèces.

En chiffres :

Plus de 60 espèces ont été sélectionnées et étudiées durant plus de 10 ans, selon des critères précis pour leur aptitude à la revégétalisation : ce sont les espèces pionnières et abondantes.

Toutes ces espèces rares et les formations végétales fragiles font l’objet d’un plan de sauvegarde, excepté celles présentes dans les réserves provinciales, prises en charge par des organismes de recherche.
Une trentaine d’espèces rares est ainsi produite en pépinière sur la soixantaine existante dans la zone (réserves provinciales comprises).

11 espèces rares ont été transplantées.
3 200 plants ont été offerts au parc de la Rivière Bleue avec 7 espèces rares différentes en 2003.

12 espèces sont en cours de bouturage, en partenariat avec l’IAC (Institut Agronomique Calédonien).


Production en pépinière

7 - Le suivi environnemental des espèces (en forêt)

Un programme existe depuis plus de 10 ans à travers des contrôles réguliers. Une attention particulière est faite à la Planchonella Latihila, une nouvelle espèce découverte en 2005 dans le bassin de la Kwé Ouest. Goro Nickel a sauvegardé son habitat en déviant
une route et a initié une étude de production par bouturage avec le concours de l’IAC.

Suivi des Parcelles Permanentes : évaluation des risques d’émissions atmosphériques sur les végétations
Les forêts du Grand Sud sont remarquables de par leur nature et leur composition floristique. Certaines d’entre elles se trouvent actuellement à proximité du site industriel.
L’impact potentiel des émissions atmosphériques sur les forêts alentour doit être contrôlé pour pouvoir réagir rapidement si des anomalies étaient observées. C’est donc dans ce but qu’a été mis en place un système de suivi de parcelles permanentes au sein des forêts voisines du site industriel.

Positionnement des parcelles
Chaque parcelle posée est inventoriée, répertoriée et présente des coordonnées GPS. Chaque forêt (les deux réserves situées dans l’axe de l’émission, à savoir Forêt Nord et Pic du Grand Kaori, ainsi que la forêt choisie comme témoin, Pic du Pin) aura des parcelles de tailles différentes.

Pour évaluer de possibles changements, trois axes de suivi sont étudiés.

L’évaluation de la composition floristique
Il s’agit ici d’évaluer le nombre d’espèces végétales présentes sur le site, leur abondance respective, ainsi que la diversité totale observée. Des modifications observées de ces paramètres pourront signaler l’existence de changements environnementaux.
La présence d’espèces envahissantes, qui atteste d’une perturbation du milieu, sera également prise en compte.

 

La structure de la forêt
Au sein d’une forêt, la canopée est la structure la plus sensible aux changements atmosphériques. Ainsi, des relevés de la hauteur des arbres pour une espèce donnée, des diamètres à 130 cm du sol et du recouvrement de la végétation sont de bons indicateurs de perturbation de la canopée.

L’état de santé de la forêt
Les échantillons de sol, de feuilles et de litière végétale seront prélevés de façon aléatoire dans chaque parcelle.
Les analyses porteront sur leur composition chimique : Azote, phosphore, mesures du pH ainsi qu’un extrait complet pour les éléments suivants seront également réalisés : EC, K, Ca, Mg, Cl, S, B, Ni, Mn.

Physiologie des végétaux : Mesure de l’activité photosynthétique
Hansatech « Handy PEA meter » est un instrument utilisé pour étudier l’activité de la plante et donner
une appréciation quantitative de son état de santé.
Il se révèle efficace pour évaluer des stress dus aux émissions atmosphériques.

Suivi et fréquence
Les parcelles seront suivies de façon trimestrielle sur une année avant le début des émissions mais aussi sur la première année de production de Prony Energies. Une fois cette étude de base réalisée, les mesures seront annuelles, pendant toute la durée de l’opération.


Aspect du « Plant Efficiency Analyser Meter » :
outil léger et performant

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Goro Nickel

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