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GORO NICKEL - Lettre d'Information n° 3 - Juillet 2007


L’EFFLUENT


Goro Nickel va rejeter en mer un liquide salé de son procédé hydrométallurgique.
Cette lettre d’Info vous invite à découvrir en détail ce que sera cet effluent marin.

SOMMAIRE

Carte du projet Goro Nickel avec le tracé de l'émissaire.

EN BREF

Comme son nom l’indique, le procédé hydro métallurgique a besoin d’eau et son recyclage est optimisé à 60% sur le projet Goro Nickel.

L’excédent d’eau sera rejeté en mer à travers un tuyau sous-marin, dans le Canal de la Havannah où les courants sont les plus forts ; la dispersion sera donc optimale à la sortie de l’émissaire.

Ce rejet, l’effluent, est une eau salée contenant du magnésium, calcium, sulfate, chlorure de sodium, manganèse et dont les teneurs sont comparables à l’eau de mer.

Ces éléments sont tous présents dans le milieu naturel et leurs concentrations sont conformes aux réglementations en vigueur les plus strictes.

Les études et les expertises se rejoignent pour dire que l’eau rejetée ne posera aucun danger pour la santé des écosystèmes et des hommes.

Pourquoi doit-on rejeter de l’eau ?

L’hydrométallurgie est un procédé qui utilise de l’eau (ajoutée à de l’acide) pour solubiliser le minerai.
Il y a de l’eau ”entrante”, il y aura de l’eau ”sortante”.
Dans la région de Goro, les précipitations sont bien supérieures à l’évaporation et à l’infiltration ; il y a donc une grande quantité d’eau de pluie à drainer.

En moyenne, 50% de l’eau rejetée sera l’eau de pluie qu’on traite, cela pourra atteindre 80% pendant la saison pluvieuse.

Le recyclage de l’eau fait l’objet d’une optimisation (60% de l’eau utilisée est recyclée) mais au-delà d’une certaine limite, il devient très difficile de recycler plus, compte tenu des technologies disponibles et économiquement viables actuellement.

Pourquoi ne pas recycler l’eau à 100 % ?

Les 2 options suivantes ont été étudiées par Goro Nickel afin d'éviter un rejet en mer :


Recyclage total :

Le recyclage total est techniquement impossible à cause du magnésium contenu dans le minerai. Dissous dans l’eau, il doit être évacué au fur et à mesure. De même que les sels (sulfate de calcium = gypse = plâtre) formés par la neutralisation de l’acide.
On peut utiliser des membranes mais elles ne permettent pas un recyclage complet, et le gypse contenu bouche les pores des membranes.

Evaporation :

Dans le Sud, il y a plus de pluie que d’évaporation. Pour évaporer l’effluent, on utiliserait le procédé de désalinisation par évaporation. La désalinisation est très gourmande en énergie : Il faudrait plus que doubler la production d’énergie actuelle et donc les gaz à effet de serre correspondants. Cette option n’est pas viable écologiquement. De plus, l’eau n’est pas rare dans le sud de la Nouvelle-Calédonie.
Il faut donc évacuer l’excédent d’eau (par exemple, celle qui est récupérée dans la zone de stockage des résidus solides de la Kwé Ouest, voir lettre d’Info N°2).

Le tracé de l’émissaire

Goro Nickel a été amené à reconsidérer le tracé, en privilégiant la voie maritime. Cette option élimine des risques techniques, préserve les écosystèmes de la baie Kwé (forêt côtière, platier récifal) et présente aussi l’avantage de réduire légèrement la consommation énergétique du pompage.
Au lieu de passer par la vallée de la Kwé et de déboucher en baie Kwé pour rejoindre au large le Canal de la Havannah, le nouveau tracé fait passer le tuyau par le port de Prony, plonge dans la Baie de Prony, contourne le cap N’Doua, et se dirige vers le nord-est pour rejoindre le Canal de la Havannah.
La zone de rejet reste la même, car c’est à cet endroit que la diffusion est la plus efficace, tel que validé par les experts.

La pose du tuyau va démarrer en octobre, après la saison des baleines, pour éviter tout impact.
Le trafic maritime ne sera pas non plus gêné par la pose du tuyau.
Les zones sous-marines sur lesquelles le tuyau va être posé sont les suivantes :
 

• Au niveau du port, les coraux, qui auraient pu être concernés ont déjà fait l’objet d’une transplantation vers l’ilot Montravel.

• Sur la majeure partie du parcours les fonds sont vaseux (baie de Prony), sableux ou détritiques avec dans certaines zones des colonies de coraux éparses.

• La méthode de pose avec robot permettra d’éviter les patches coralliens. Les aiguilles coralliennes se situent loin du tracé.

• Aucun écosystème important ne sera impacté de façon dommageable par l’implantation du tuyau. Le tuyau sera lesté et simplement posé au fond, il n’y aura pas de travaux sous-marins, hormis le raccordement des tronçons réalisé par des plongeurs.

Coupe du barrage montrant les élévations relatives
Tracé du tuyau

Le diffuseur

Mise en situation du diffuseur
Évacuation de l’eau en excès

Le diffuseur qui va se situer sur le dernier kilomètre du tuyau a été conçu pour favoriser un mélange parfait de l’effluent dans l’eau de mer, de façon à ce que, à 20 mètres autour, il soit impossible de faire la différence entre l’eau rejetée et la mer.

Sa position a été soigneusement choisie pour favoriser une bonne dispersion. Sa conception a fait l’objet de nombreuses études comparatives et d’une contre expertise indépendante.

Le diffuseur

La composition de l’effluent

Les recommandations des experts :
10 mg/L de Manganèse

Goro Nickel décide :
1 mg/L de Manganèse

Les experts le confirment : l’effluent de Goro Nickel n’aura aucun impact alimentaire et ne présentera aucun risque pour la santé humaine.

De quoi s’agit il ?

Il s’agit d’une solution liquide dont les éléments majeurs sont le magnésium, le calcium, le sulfate (élément neutre) et le Chlorure de Sodium (sel de cuisine) ; un seul élément mineur, le Manganèse, tous les autres éléments sont en traces.
Sa salinité globale est comparable à celle de l’eau de mer.
Sa température est comprise entre 35° et 40° à la sortie de l’unité de traitement. En milieu marin, étant donné le volume d’eau de mer qui va le disperser, sa température diminuera dès les premiers mètres et à 3 m elle sera équivalente à celle de la mer.

Les autres éléments présents eux aussi à l’état naturel dans la mer, seront sous forme de traces (soit des quantités trop faibles pour être mesurées).

On voit qu’à 20 mètres du diffuseur, la composition sera dans la fourchette des variations
naturelles de l’eau de mer, ce qui ne représente aucun danger pour les récifs coraliens dont le plus proche (le banc lonontéa) est à 500 m du diffuseur.



Composition de l’effluent comparée
à celle de l’eau de mer :

tableau

Les impacts sur la santé humaine

La santé humaine est avant tout sensible aux concentrations des substances ingérées.

Les métaux sont des éléments naturels, tous présents dans la croûte terrestre et dans l’eau de mer.
Lorsque les experts se penchent sur ces éléments présents dans l’effluent ils se penchent d’abord sur leur concentration et ensuite si nécessaire sur leur spéciation, c’est-à-dire leur forme chimique.

Ainsi en comparant les concentrations avec des valeurs reconnues comme sécuritaires, les experts ont conclu que les éléments présents dans l’effluent ne poseront aucun danger pour la santé des écosystèmes et des hommes.

Le Manganèse :

Le manganèse est un oligo-élément nécessaire aux êtres humains. Mais comme pour beaucoup d’éléments, il devient nuisible si la consommation est trop importante.

Une ration quotidienne est nécessaire. On la trouve entre autre dans le riz, le soja, l’avocat, les haricots verts, les épinards, les noix, l’huile d’olive, les jaunes d’œufs, les huîtres, le thé et les herbes.

Par exemple, 1 comprimé type de multi-vitamines contient 3,5 à 5 mg de Manganèse, soit l’équivalent de 5 litres d’effluent (en manganèse).

Le Manganèse est un élément nécessaire à la vie humaine
Manganese
Exemples de concentration maximale en Manganèse (ppb)

 

Les impacts sur le long terme

Bien qu’aucun impact immédiat ne soit prévu et en raison du principe de précaution, il est mis en œuvre des outils prévisionnels sur le long terme.

Pour cela les outils sont les suivants :

• Un suivi environnemental continu grâce à des stations de contrôle du milieu marin.
• Des modèles prédictifs.

Ce programme de surveillance du milieu marin est basé sur du long terme avec :

• Le suivi de la qualité de la colonne d’eau (de la surface jusqu’au fond).
• Le contrôle des sédiments.
• Le suivi de l’état de santé du corail et des poissons.
• L’utilisation d’espèces indicatrices de la qualité et de la santé du milieu marin ; elles joueront ainsi le rôle de sentinelles permettant de donner l’alerte en cas de problème.

Ces mesures permettent d’anticiper tout impact potentiel en adoptant des actions correctives adaptées, proportionnelles au risque.

Controle marin
Points de contrôles marins

 

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